Le journaliste d’investigation guinéen Habib Marouane Camara a été distingué par Reporters sans frontières (RSF) lors de la 34e édition du Prix de la liberté de la presse, organisée le 1er juin 2026 à Marseille, en France. L’organisation lui a décerné le prestigieux Prix Mohamed Maïga du journalisme d’investigation africain, saluant ainsi son engagement en faveur de l’information et de l’intérêt public.
Chaque année, RSF récompense des journalistes et médias qui se distinguent par leur courage, leur indépendance et leur contribution à la défense de la liberté de la presse à travers le monde.
Une distinction au fort symbole
Cette récompense intervient dans un contexte particulièrement douloureux. Habib Marouane Camara est porté disparu depuis décembre 2024. Plus de dix-huit mois après les faits, aucune information officielle n’a permis de faire la lumière sur les circonstances de sa disparition ni sur son sort.
Le prix a été remis à son épouse, Mariama Lamarana Diallo, lors d’une cérémonie réunissant journalistes, responsables de médias et défenseurs des droits humains venus de plusieurs pays.
Elle a exprimé sa gratitude envers la communauté internationale pour ce geste de solidarité, tout en renouvelant son appel à la manifestation de la vérité.
« Cette distinction est hautement symbolique. Elle démontre que nous ne sommes pas seuls, que les journalistes du monde ne nous ont pas oubliés et que nous pouvons encore garder espoir », a-t-elle déclaré.
Une famille toujours dans l’attente
Très émue, Mariama Lamarana Diallo a évoqué les lourdes conséquences humaines de cette disparition. Elle a notamment rappelé que leur fille est née quelques mois après l’enlèvement présumé de son père et grandit aujourd’hui sans l’avoir jamais connu.
Elle a également souligné la souffrance de sa famille, profondément affectée par l’absence prolongée de leur fils et l’incertitude qui entoure toujours cette affaire.
Une voix qui continue de résonner
Reconnu pour ses enquêtes, son franc-parler et son engagement en faveur de la transparence, Habib Marouane Camara était souvent présenté comme « la voix des sans-voix ». Son travail journalistique lui avait valu une forte notoriété en Guinée et au-delà.
Sa disparition continue de susciter l’inquiétude de ses proches, de ses confrères ainsi que de nombreuses organisations de défense de la liberté de la presse. À travers cette distinction, RSF rappelle que son combat pour le droit à l’information demeure vivant et que les appels à faire toute la lumière sur sa disparition restent plus que jamais d’actualité.
Mamoudou Sow, refletguinee.com

