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Home»International»Après un raid aérien dans un centre pour migrants en Libye, l’ONU dénonce un «crime de guerre»
International

Après un raid aérien dans un centre pour migrants en Libye, l’ONU dénonce un «crime de guerre»

RefletguineeRefletguinee5 juillet 2019
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Une quarantaine de migrants ont été tués dans un raid aérien nocturne contre un centre de détention près de Tripoli. Une frappe attribuée aux forces de Khalifa Haftar qui a suscité de vives condamnations.

Le bilan préliminaire des services de secours fait état d’au moins 40 migrants tués et 70 blessés dans cette attaque. Mais «Le bilan pourrait s’aggraver», a ajouté Osama Ali leur porte-parole, précisant que 120 migrants étaient détenus dans le hangar quand il a été touché de plein fouet.

Selon un photographe de l’AFP arrivé tôt sur place ce mercredi, plusieurs corps gisaient au sol aux côtés de restes humains mêlés aux affaires et vêtements des migrants maculés de sang. Les services de secours recherchaient d’éventuels survivants sous les décombres, tandis que des dizaines d’ambulances avaient été déployées.

Dans un communiqué, le Gouvernement d’union (GNA) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU a dénoncé «un crime odieux». Il a attribué l’attaque au «criminel de guerre, Khalifa Haftar», l’homme fort de l’est libyen qui mène une offensive depuis début avril pour conquérir la capitale. Le GNA a accusé les forces pro-Haftar d’avoir mené une attaque «préméditée» et «précise» contre le centre. Cette frappe n’a pas été revendiquée mais des médias pro-Haftar ont fait état mardi soir d’une«série de raids aériens» à Tripoli et Tajoura. La banlieue de Tajoura, qui compte plusieurs sites militaires appartenant aux groupes armés pro-GNA, est régulièrement la cible de raids aériens des forces pro-Haftar.

«Une horrible attaque» condamnée 

Dans de premières réactions, l’ONU a fait part de son effroi. «Cet attentat pourrait clairement constituer un crime de guerre, frappant des innocents […] contraints d’échouer dans cet abri par des conditions de vie épouvantables», a indiqué Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU en Libye. Il a appelé la communauté internationale «à condamner ce crime et à imposer les sanctions appropriées à ceux qui ont mené cette opération en violation flagrante du droit international humanitaire».

Réagissant sur Twitter, le chef du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a porté «trois messages clés: les migrants et réfugiés ne doivent PAS être en détention, les civils ne doivent PAS être des cibles, la Libye n’est PAS un lieu sûr pour un renvoi» des migrants. «Nous sommes horrifiés par ces morts», a déclaré le porte-parole du HCR, Charlie Yaxley. Il a évoqué «l’extrême préoccupation» de l’organisation face aux «rumeurs» selon lesquelles le centre servait de «dépôt d’armes». «Personne ne devrait être renvoyé en Libye actuellement», a clamé le porte-parole du HCR.

Dans un communiqué de la cheffe de la diplomatie européenne,  Federica Mogherini dénonce une attaque choquante et tragique d’un centre de détention à Tripoli qui «nous rappelle le coût humain du conflit en Libye ainsi que la situation désastreuse et vulnérable des migrants pris dans la spirale de la violence dans ce pays».

La France a également «condamné» ce mercredi le raid aérien. «À la suite de ce drame, la France appelle à nouveau les parties à une désescalade immédiate et à la cessation des combats», a souligné la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. De son côté, le ministre italien des Affaires étrangères, Enzo Moavero, a fait part de sa «consternation». «Nous devons garantir immédiatement des mesures sérieuses de protection […] et, en particulier, transférer les migrants qui se trouvent dans les installations d’accueil dans des lieux à l’abri des combats», a avancé son chef de la diplomatie italienne.

«Une enquête indépendante»

La situation dans ce pays est devenue plus critique depuis le début de l’offensive militaire le 4 avril du maréchal Haftar. La mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) a maintes fois exprimé son inquiétude sur le sort d’environ 3 500 migrants et réfugiés «en danger dans des centres de détention situés près de zones d’affrontements».

Malgré une instabilité persistante, la Libye reste un important pays de transit pour les migrants fuyant les conflits et l’instabilité dans d’autres régions d’Afrique et du Moyen-Orient. «Les réfugiés et les migrants secourus en mer, ne peuvent PAS être renvoyés en Libye, et ceux enfermés dans des centres de détention doivent être évacués d’urgence», a réagi sur Twitter, après la frappe, Lotte Leicht, directrice de Human Rights Watch (HRW) pour l’Union européenne.

Le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a «condamné fermement» la frappe et réclamé «une enquête indépendante pour s’assurer que les responsables du meurtre horrible de ces civils rendent des comptes».

Les forces du maréchal Haftar ont promis cette semaine d’intensifier les frappes aériennes contre les forces rivales du GNA, après avoir perdu Gharyan, ville au sud de Tripoli dont le maréchal avait fait son centre opérationnel dans son offensive contre la capitale, à plus de 1 000 km de son bastion de Benghazi (nord-est). Les deux camps rivaux s’accusent mutuellement de recourir à des mercenaires et de profiter du soutien militaire, notamment aérien, de puissances étrangères.

LIBERATION avec AFP

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Journaliste, Directeur de Publication de refletguinee.com

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