Pendant que l’actualité socio-politique guinéenne reste dominée par les protestations organisées par le FNDC pour empêcher le pouvoir de mettre en place une nouvelle constitution qui permettrait au président de briguer un nouveau mandat, on parle de l’arrestation dans le pays de 141 suspects en majorité étrangers.
S’agit-t-il d’une vraie arrestation de présumés malfrats ou d’une mise en scène par le pouvoir qui vise à désorienter l’opinion accentuée en ce moment sur les répressions meurtrières qui sévissent dans le pays?
Nous ne pouvons répondre à cette épineuse question. Mais quoi que ce soit, cette autre actualité brûlante met aussi à nu l’anarchie qui règne dans le pays gouverné par celui qui a promis ses populations d’être le “Mandéla”.
Dans un pays bien organisé, les cas de naissance, de mort, de mariage, de divorce, d’entrée et de sortie du pays sont enregistrés à l’Etat civil et les données qui y sont collectées permettent non seulement aux dirigeants de mieux connaître leurs populations et leurs besoins mais aussi élaborer des plans de développement et de faciliter des enquêtes par rapports aux cas de crimes.
Mais qu’en est-t-il de la situation de la Guinée? Notre pays est devenu une poubelle où les ordures de toute provenance peuvent être jetées. Nous voulons dire que n’importe qui venant de n’importe où peut s’installer et circuler librement sans avoir même une simple pièce d’identité et obtiennent plus d’avantages que les propres fils et filles du pays.
Profitant du désordre instauré par nos responsables administratifs, certains malfaiteurs étrangers viennent se procurer des documents administratifs tels que les passeports ordinaires et diplomatiques et ils ne cessent de salir l’image du pays à l’international. La plupart de ceux qui y vivent ne cessent aussi de se moquer de nous malgré les facilités qui leur ont été accordées. Ils nous rappellent de l’ordre qui règne chez eux et se font plus souvent donneurs de leçons.
Combien sommes-nous (Guinéens) en ce moment? Combien d’étrangers vivent parmi nous? Que font-ils exactement? Avec la porosité de nos frontières et le manque de contrôle des étrangers qui se faufilent parmi nous dans les conditions irrégulières, pouvons-nous nous sentir plus en sécurité? Quand est-ce que nos responsables politiques et administratifs respecteront et feront respecter nos textes de lois?
Difficile d’obtenir de nos responsables des informations relatives aux pareilles interrogations car leurs dirigés échappent au contrôle. L’espoir de voir la situation se normaliser un jour reste faible parce qu’en Guinée, ceux qui sont censés résoudre des problèmes sont plus souvent à la base de ces mêmes problèmes. Ils y vivent et font tout pour assurer la continuité de leurs business sataniques.
Par Ousmane Condé, diplômé en journalisme et activiste de droits de l’Homme

