Par Ibrahima Sory Camara – MEPG, Mouvement pour l’Émancipation du Peuple de Guinée
Boké, le miroir brisé du progrès
À Boké, on a creusé sans réfléchir.
Les terres ont été défigurées, les rivières asséchées, les enfants malades.
Des milliards ont été investis dans les rails, les ports, les convoyeurs…
Mais rien dans les laboratoires, les hôpitaux, ni dans la protection de l’environnement.
Le progrès promis est devenu un mirage.
Boké est le rappel brutal que l’extraction sans vision est une trahison
Une notation qui enjolive plus qu’elle ne rassure
La Guinée a récemment obtenu une notation B+ sur le plan économique.
Certains y voient un signe de stabilité. Mais soyons clairs :
B+ n’est pas une récompense — c’est une interpellation.
Cela signifie :
• Une économie vulnérable aux chocs extérieurs
• Une dépendance excessive aux matières premières
• Une gouvernance encore fragile
• Un potentiel non exploité, mais surveillé
Ce n’est pas un mérite, c’est un miroir.
Un miroir qui nous invite à réfléchir, pas à nous flatter.
Le MEPG refuse de s’en satisfaire. Nous y voyons un appel à l’action, à la rigueur, à la souveraineté.
Le MEPG : pour l’intérêt de la nation, pas celui des multinationales
Le Mouvement pour l’Émancipation du Peuple de Guinée se positionne clairement :
• Pour une Guinée qui contrôle ses ressources
• Pour une Guinée qui protège ses citoyens et son environnement
• Pour une Guinée qui transforme ses richesses en progrès réel
Nous ne sommes ni contre le développement, ni contre l’investissement.
Mais nous sommes résolument pour l’intérêt national, pour la justice sociale, et pour une gouvernance transparente.
Simandou : le projet du siècle ou le scandale du siècle ?
Simandou attire les géants miniers et les puissances étrangères.
Mais derrière les promesses, les questions fondamentales restent sans réponse :
• Où sont les outils d’analyse pour mesurer les impacts environnementaux ?
• Où sont les garanties pour la santé des populations riveraines ?
• Où est la transparence dans l’attribution des contrats et des permis ?
Biodiversité en péril
Le mont Simandou est un sanctuaire écologique. Il abrite :
• Le chimpanzé d’Afrique de l’Ouest, en danger critique d’extinction
• Le pangolin à longues queues, victime du braconnage
• Le Diana monkey, sensible à la déforestation
• Des oiseaux et plantes endémiques, introuvables ailleurs sur Terre
Sans plan de sauvegarde, ces espèces sont condamnées.
Des modèles qui inspirent
Certains pays montrent qu’il est possible de concilier mines et biodiversité.
Le Costa Rica sanctuarise une partie de son territoire et mise sur l’écotourisme.
Le Chili impose des études d’impact environnemental et réduit la consommation d’eau dans ses mines.
L’Australie exige des plans de réhabilitation écologique et collabore avec des ONG.
Le Canada réintroduit des espèces menacées dans les zones minières réhabilitées.
Le Botswana gère ses ressources avec transparence et investit dans la santé et l’éducation.
La Guinée peut s’inspirer de ces modèles pour bâtir une minéralité responsable.
Une solution concrète : anticiper et relocaliser
Le MEPG propose :
• Un centre de conservation écologique pour accueillir les espèces menacées
• Une relocalisation vers des zones forestières protégées (Macenta, N’Zérékoré)
• Des partenariats avec des biologistes
• Un fonds de sauvegarde de la biodiversité, financé par les redevances minières
Préserver la biodiversité, ce n’est pas un luxe — c’est une responsabilité nationale.
Littoral confisqué, mer inaccessible
À Boké, Kamsar, Boffa, les citoyens n’ont plus accès à la mer.
Les plages sont privatisées, les ports militarisés, les voies d’accès monopolisées.
Le littoral est devenu un couloir logistique pour le minerai, pas un espace de vie.
Un signal fort, mais insuffisant
Le président a eu le courage de retirer des permis miniers illégaux.
Mais ce geste doit s’accompagner d’un changement de paradigme :
• Audits environnementaux indépendants et publics
• Laboratoires régionaux pour surveiller l’air, l’eau, les sols
• Mécanismes de compensation pour les communautés
• Préservation stricte des zones écologiques sensibles
• Accès à la mer pour les populations côtières
En Guinée, les minerais voyagent plus vite que les citoyens
Simandou peut être une chance. Mal géré, ce sera une malédiction.
La Guinée ne doit plus être un pays où :
• Les minerais circulent plus librement que les citoyens
• Les profits avancent plus vite que les soins
• Les rails progressent pendant que les enfants reculent

