La 36e Coupe d’Afrique des Nations – officiellement baptisée TotalEnergies CAF AFCON PAMOJA 2027 – est prévue du 19 juin au 17 juillet 2027 dans les trois pays co-organisateurs que sont le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. C’est à la fois un objectif et une épreuve pour la Guinée, trop longtemps privée d’une véritable occasion historique et qui a désormais la chance non seulement d’être présente, mais aussi de montrer que le Syli National appartient aux sérieux prétendants du continent.
PAMOJA, qui signifie « ensemble » en swahili, est la première Coupe d’Afrique des Nations à être co-organisée par trois nations et la première à se tenir en Afrique de l’Est depuis que l’Éthiopie avait accueilli l’édition 1976. C’est également la dernière CAN à se tenir une année impaire, la CAF ayant annoncé que le tournoi se tiendrait désormais tous les quatre ans en années paires, à partir de l’édition 2028. En ce sens, PAMOJA est autant une transition pour le football africain qu’une célébration.
La campagne de qualification guinéenne se déroule dans le groupe D aux côtés de l’Afrique du Sud, des co-organisateurs kényans – qui entrent directement en phase finale – et de l’Érythrée. Avec une seule place de qualification disponible dans le groupe, le Syli National fait face à ce qui s’apparente à un duel direct avec l’Afrique du Sud pour une place en phase finale. Les enjeux de cette confrontation n’échappent pas aux amateurs de football à Conakry, où le paris sportif de Guinée a progressé régulièrement autour des grands rendez-vous africains, avec des plateformes comme YellowBet proposant des marchés sur les qualifications continentales. Les matchs à domicile de la Guinée continuent d’être joués en dehors du pays en raison de contraintes d’infrastructure, mais un effectif majoritairement composé de joueurs évoluant dans des championnats européens donne à la sélection nationale de véritables raisons d’optimisme.
Le tournoi s’ouvre dans un contexte de controverse non résolue au sommet du classement. Le Maroc est le tenant du titre, la Commission d’Appel de la CAF ayant accordé une victoire par forfait 3-0 au Maroc lors de la finale de la CAN 2025 à Rabat après que l’équipe du Sénégal a quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc après révision VAR à l’entrée des arrêts de jeu – interrompant le jeu pendant près de 20 minutes avant de revenir pour terminer la rencontre, le Sénégal l’ayant emporté 1-0 après prolongations ; les Sénégalais ont fait appel devant le Tribunal Arbitral du Sport pour être déclarés vainqueurs du tournoi. Le litige n’est pas réglé.

C’est un tournoi qui débute avec un niveau inhabituel d’incertitude, ce qui le rend plus difficile à pronostiquer que la plupart. Au-delà du litige sur le titre, le plateau est redoutable. Le Sénégal est, quel que soit le jugement final, l’un des effectifs les plus profonds du continent. Il est articulé autour de la jeune génération – Iliman Ndiaye et Pape Matar Sarr notamment -, le rôle de Sadio Mané dans le cycle de qualification 2027 restant encore à confirmer. Le Nigeria avec Victor Osimhen et Ademola Lookman, la Côte d’Ivoire, l’Algérie et l’Égypte affichent un palmarès à la hauteur.
Avec la qualification automatique des trois nations hôtes, la compétition a pris un caractère résolument régional. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda n’ont peut-être pas la notoriété continentale des poids lourds nord-africains ou ouest-africains, mais leur présence garantie signifie des stades combles, un soutien populaire local et le type d’ambiance qui définit la CAN à son meilleur. Les tours de qualification se déroulent de septembre 2026 jusqu’aux derniers matchs de mars 2027.
Pour la Guinée, chaque point à partir de septembre comptera. La perspective d’une CAN organisée à quelques heures de vol de Conakry, dans un format qui promet certaines des ambiances les plus passionnées que le tournoi ait connues depuis des années, alourdit le poids d’une campagne de qualification que le Syli National ne peut en aucun cas traiter comme autre chose qu’une priorité.

