Culture: Mohamed Kouyaté, l’autre ambassadeur de la Guinée en Europe

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Le drapeau guinéen flotte aux rendez-vous culturel  en Europe grâce aux combats de certains jeunes guinéens qui ont pour priorité la culture. C’est le Cas de Mohamed Kouyaté alias griot Manding. Il est danseur et Professeur de danse à Paris.
Avec Mohamed Kouyaté c’est la culture guinéenne qui s’exporte en Europe et même sur le continent américain. Né dans une famille de griot à Kindia, depuis tout petit (à  l’âge de 7 ans) il a fait de la danse sa profession. À 18 ans déjà  le griot manding comme il se fait appeler intègre le ballet Samato puis, le ballet Soleil d’Afrique. Très motivé, Kouyaté devient metteur en scène dans ce ballet en 1998 avant de devenir directeur artistique du groupe Wassa percussions en 2002. Depuis plus d’une décennie Mohamed Kouyaté vit en Europe avec pour activité principale la promotion de la culture de son pays. « Aujourd’hui, mon activité en Europe, et ailleurs dans le monde, se partage entre cours, stages de danse, et spectacles. Je donne des cours toutes les semaines dans différents centres culturels à Paris ainsi que dans le reste de la France, notamment à Sciences Po Reims. Je prends fréquemment l’avion pour partager la culture guinéenne avec des élèves écossais, italiens, argentins, mexicains, australiens, … Chaque année, j’organise à Paris une journée de la danse guinéenne, avec des cours de danse, puis un spectacle mettant en avant d’autres artistes de notre pays », se félicite-t-il.
 
C’est une fierté mais aussi un grand honneur pour le guinéen de faire chanter, danser les européens au rythme de sa tradition et de sa culture.  Ce travail, malgré le non accompagnent de son pays, Kouyaté  se bat tant bien que mal pour hisser haut le drapeau guinéen. « Je suis tellement heureux de partager ma culture avec tous, de voir l’intérêt et le plaisir des élèves qui amènent toute leur énergie et crient de joie pendant le cours. Je suis heureux de transmettre toutes ces émotions, de voir que danser est un plaisir pour eux. Ce sont des moments très intenses que je partage avec mes élèves ».
 
Alors que  l’organisation des festivals est devenue un lointain souvenir pour le Guinéen, Le griot Manding se prépare activement pour relever le défi.  Il envisage de faire venir des européens à Conakry pour tenir un festival en février prochain. « Le projet de festival est un festival de rue . Faire partir les élèves guinéens, européens et artistes du centre culturel pour défiler dans les ronds-points et quartiers de la ville pour finir dans les marchés où sont nos mamas, et chanter et danser tous ensemble. Amener les percussions et les élèves dans le marché, entamer les chants et danses traditionnelles, pour que les mamas viennent danser et chanter avec nous. Mélanger les origines, les générations, recréer un lien fort par la danse entre les enfants et leurs parents, mélanger les ethnies: unis tous ensemble pour faire une seule voix. Autrefois, les enfants dansaient et chantaient à l’école, ce qui n’arrive plus. Autrefois, on chantait tous les jours, pour le cœur, pour se faire entendre. Aujourd’hui, il ne nous reste presque plus que le mariage pour nous réunir autour de la culture traditionnelle de la danse et du chant. Le festival de rue sera une occasion de nous retrouver, quelle que soit notre ethnie. Nous avons besoin de recréer des liens après la terrible période que nous avons passée. Les dernières années ont été vraiment très dures ». 
Mohamed kouyaté à construit un centre culture et artistique  à Coyah. Il sert de lieu de promotion et de formation  à la danse traditionnelle.
La rédaction