J – 5. Sans vouloir jouer aux cassandres, le 1er mars 2020 et ses lendemains n’augurent rien de rassurant pour la Guinée et son avenir proche et lointain.
Dans un précédent post en date du 6 février, j’avais appelé les Magistrats à la mansuétude pour Mère-Guinée, convaincu qu’une action concertée de cette corporation peut éviter le pire au pays.
Aujourd’hui, je leur réitère le même cri de cœur. Je les appelle à s’abstenir de superviser le double scrutin du 1er mars.
Je ne suis pas Homme de Droit. Je ne prétends pas non plus donner quelque leçon que ce soit à qui que ce soit. Je partage simplement mon opinion sur ce qu’au-delà de la légalité ou l’illégalité des consultations attendues, force est de reconnaître qu’elles sont porteuses de graves dangers pour la paix et la stabilité du pays.
A l’allure où vont les choses, il ne semble pas y avoir d’alternative à une action forte des Magistrats pour sauver la situation, parce qu’il n’y a pas d’élection sans leur onction.
De ce point de vue, Magistrats, vous avez la lourde responsabilité sociale de sauver le pays du chaos en empêchant la tenue des élections à risques du 1er mars 2020.
Le Prophète (PSL) nous enseigne à propos : « Celui qui voit le mal se commettre qu’il le combatte par la main, par la langue ou par le cœur, chacun suivant son statut particulier. Par la main, pour ceux qui sont en position d’acter. Par la langue, pour ceux qui ne peuvent que conseiller. Et par le cœur, par réprobation, pour ceux qui sont en dehors des catégories précédentes ».
Une sentence équilibrée tient compte aussi de la charge émotionnelle liée au contexte et aux conséquences possibles de l’avis à rendre par le Jurisconsulte.
Il vaut mieux une contre-vérité apaisante qu’une vérité déstabilisatrice.
Elhadj Sény Facinet SYLLA
Ex Secrétaire Général Adjoint
des Affaires Religieuses

