Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de fierté, Oumou Khairy Diallo a officiellement passé le relais à Hadja M’Hawa Camara à la tête du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée (CJFLG) ce samedi 28 février 2026. Cette cérémonie solennelle, organisée à Conakry, coïncidait avec la célébration des dix années d’existence de l’organisation, marquant ainsi un double événement symbolique : une transition institutionnelle et une décennie d’engagement en faveur des droits des jeunes filles.
L’événement a mobilisé autorités gouvernementales, partenaires techniques et financiers, représentations diplomatiques, membres fondatrices et jeunes filles venues des différentes antennes régionales du pays. Tous ont salué le parcours d’une organisation devenue, en dix ans, un acteur incontournable de la promotion du leadership féminin en Guinée.

Un bilan marqué par des résultats concrets
Dans son discours de fin de mandat (2024–2026), Oumou Khairy Diallo a dressé un bilan qu’elle qualifie de positif et structurant. « Diriger le Club, ce n’est pas occuper une fonction ; c’est porter une vision », a-t-elle affirmé avec solennité.
Sous son leadership, 898 cas de violences basées sur le genre ont été pris en charge. Près d’un million de personnes ont été touchées à travers les campagnes de sensibilisation, de plaidoyer et d’accompagnement communautaire. Au-delà des chiffres, elle a rappelé qu’il s’agit « de vies accompagnées, de trajectoires transformées et de voix qui ont refusé de se taire ».

Elle a également salué l’engagement de son équipe et rendu hommage aux membres fondatrices ainsi qu’aux anciennes directrices pour avoir posé les bases d’une organisation devenue une véritable école de leadership. « Ce que nous avons construit dépasse un mandat. Cela relève d’un mouvement », a-t-elle déclaré, visiblement émue.
Une nouvelle étape sous le signe de la continuité
Élue pour le mandat 2026–2028, Hadja M’Hawa Camara a placé son intervention sous le signe de la consolidation des acquis et du renforcement stratégique. Ancienne membre engagée du Club, elle a rappelé son parcours personnel au sein de l’organisation, qu’elle décrit comme « une véritable école de confiance et d’audace ».
Elle a notamment partagé l’histoire poignante d’une jeune fille de 14 ans, contrainte d’abandonner l’école après avoir subi des violences. Grâce à l’accompagnement psychosocial du CJFLG et au dialogue communautaire, cette adolescente a pu reprendre sa scolarité. « Je pensais que personne ne me croirait », avait confié la jeune victime. Pour la nouvelle directrice exécutive, cette phrase illustre l’urgence de poursuivre le combat.

Durant son mandat, elle ambitionne de renforcer la mobilisation des ressources, d’améliorer la prise en charge et la réinsertion des survivantes de violences, de consolider les antennes régionales et d’impliquer davantage les communautés, notamment les hommes, dans un dialogue constructif pour un changement durable des mentalités.
Le soutien réaffirmé du Gouvernement
Présidant la cérémonie, la Ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités a salué la résilience et la constance du Club dans la défense des droits des jeunes filles. Patricia Lamah a réaffirmé l’engagement du Gouvernement guinéen à renforcer les mécanismes de protection et à intégrer pleinement les préoccupations liées aux violences basées sur le genre dans les politiques publiques nationales.

Sa présence a illustré la reconnaissance institutionnelle dont bénéficie désormais le CJFLG, dont les actions s’inscrivent dans les dynamiques nationales de promotion de l’égalité et de justice sociale.
Dix ans d’engagement, une vision pour l’avenir
Au-delà de la passation de charges, cette cérémonie a symbolisé la continuité d’un engagement collectif. Dix ans après sa création, le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée apparaît non seulement comme un espace de protection, mais aussi comme un incubateur de leadership féminin capable d’influencer les dynamiques sociales et politiques.
Porté par des générations de jeunes filles déterminées à faire entendre leur voix, le CJFLG s’affirme comme un mouvement structurant pour l’avenir du pays.

« Club un jour, Club toujours », a conclu Oumou Khairy Diallo, rappelant que si les responsabilités changent, la vision demeure : celle d’une Guinée où chaque fille peut grandir en sécurité, décider pour elle-même et occuper pleinement sa place dans la société.
Bhoye Bah, refletguinee
