Le verdict est tombé dans l’affaire qui a profondément secoué l’opinion publique. Bangaly Traoré, reconnu coupable de l’assassinat de dame Adama Konaté, a été condamné ce lundi à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 30 ans, par la juridiction criminelle du tribunal de première instance de Kankan, exceptionnellement délocalisé.
L’émotion était vive dans la salle d’audience au moment du prononcé de la sentence. En plus de cette lourde peine, le condamné devra verser la somme de 3 milliards de francs guinéens aux ayants droit de la victime, en guise de réparation civile.
Le procès, marqué par une tension palpable dès son ouverture, a franchi une étape décisive avec les plaidoiries et les réquisitions. Dans un exposé rigoureux, le procureur de la République près le tribunal de Kankan, Marwane Baldé, a dressé un portrait accablant de l’accusé, qu’il a qualifié de récidiviste en matière de violences faites aux femmes.
« Son passé judiciaire est entaché de faits graves de violences à l’encontre de femmes, parfois en flagrance et avec des preuves irréfutables. Ce crime a profondément ébranlé la société, en particulier les femmes guinéennes. C’est la dignité de la femme qui a été piétinée jusqu’à son dernier retranchement », a-t-il martelé devant la cour.
Se référant aux articles 208 et 209 du Code pénal, le ministère public a requis la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité. Une demande que le tribunal a entièrement suivie, scellant ainsi le sort de Bangaly Traoré.
Ce procès restera sans doute comme un signal fort lancé contre les violences faites aux femmes, et un rappel que la justice guinéenne entend faire prévaloir le droit, quel que soit le profil de l’accusé.
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