Il y a des moments où un territoire écrit plus que son histoire locale.
Le choix que s’apprête à faire Mamou pour désigner son futur député ne concerne pas seulement une circonscription. Il dit quelque chose de nous, de nos exigences et du type d’hommes que nous acceptons de voir porter la voix de la Guinée.
Au fond, la politique n’est pas d’abord une affaire de textes.
C’est une affaire d’hommes.
Quel type d’homme mérite aujourd’hui notre confiance ?
Je ne réponds pas à cette question en théorie.
Je réponds en témoin, avec ce que j’ai vu sur le terrain.
Depuis la création de l’ONG POSSIBLE, j’ai travaillé aux côtés d’Aboubacar Camara, dit Junior. J’ai vu, dans la durée, ce que beaucoup découvrent aujourd’hui.
Et ce que j’ai vu, honnêtement, mérite d’être dit.
Dans un pays où réussir dans le secteur privé est déjà exigeant, il est encore plus rare de voir un haut cadre s’investir avec autant de constance au service de sa communauté.
Ancien Directeur Général de Nestlé Guinée, aujourd’hui Directeur Marketing et Commercial du groupe SONOCO, il aurait pu suivre une trajectoire classique. Une carrière confortable, à distance des réalités du terrain.
Mais il a fait un autre choix.
Celui de ne jamais dissocier réussite professionnelle et responsabilité sociale.
Concrètement, cela se traduit par une pratique peu commune. Il consacre de manière régulière et disciplinée une part non négligeable de son revenu à la cause commune.
Ce n’est pas un geste ponctuel.
Ce n’est pas une générosité de circonstance.
C’est une ligne de conduite.
Dans notre contexte, cela reste rare.
Mais au-delà de cela, il y a des actes. Des actes que j’ai vus et que beaucoup à Mamou ont aussi constaté.
Je pense notamment à un événement qui a marqué un tournant : le décès d’un de ses anciens professeurs, faute d’une évacuation sanitaire rapide entre Mamou et Conakry.
Face à cela, il n’a pas commenté.
Il a agi.
De cette épreuve est née une initiative concrète : la mise à disposition d’ambulances et de corbillards au service des populations.
Depuis, des centaines d’opérations ont été réalisées, des urgences prises en charge, des vies sauvées et des familles soulagées.
Derrière cela, il y a une idée simple :
plus jamais l’absence de moyens ne doit coûter une vie.
Et ce n’est qu’une facette.
Ce qui est visible ne dit pas tout. Une partie de cet engagement s’exprime aussi de manière plus discrète, loin des regards, dans des gestes et des actions qui ne font pas toujours l’objet de communication.
C’est peut-être aussi cela qui, au fil du temps, construit une relation de confiance durable.
À Mamou, des dizaines de points d’eau ont été aménagés. Des écoles et des centres de santé ont été réhabilités. La jeunesse a bénéficié d’activités sportives et culturelles structurées, régulières et encadrées.
Pour beaucoup, cet engagement n’est pas un discours.
C’est une réalité vécue.
Ce que certains présentent aujourd’hui comme un programme, d’autres l’ont déjà vu à l’œuvre.
Il y a aussi un élément qu’il faut souligner.
La particularité de cette candidature tient à son caractère transversal. Il est rare, dans une ville, de voir autant de composantes converger dans un même choix.
À Mamou, sages, femmes, jeunes, personnes ressources et citoyens de différents horizons expriment, pour beaucoup, une même orientation : voir Aboubacar Camara porter leur voix à l’hémicycle.
Cette adhésion large mérite d’être reconnue, saluée et comprise pour ce qu’elle dit du lien de confiance construit au fil du temps.
À cela s’ajoute une capacité rare à évoluer entre différents univers : l’entreprise, les communautés locales, les institutions. À parler français et anglais, mais aussi soussou, malinké et peulh, avec une aisance qui rapproche.
Son parcours lui-même raconte quelque chose d’essentiel.
Diplômé de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry en Tourisme, rien ne le prédestinait, à première vue, à évoluer vers des fonctions de direction au sein de grands groupes internationaux.
Et pourtant, par le travail et la constance, il s’est imposé comme un professionnel reconnu, en Guinée comme à l’international, notamment au Libéria où il a occupé des fonctions managériales au sein du groupe Nestlé.
Ce type de trajectoire ne doit rien au hasard.
Elle montre une capacité à évoluer, à apprendre et à s’adapter.
Ce type de profil est précieux.
Parce qu’il relie.
Parce qu’il comprend.
Parce qu’il agit.
Mamou a toujours été une terre de discernement. Une terre capable de reconnaître les siens et de faire des choix qui comptent.
Aujourd’hui, elle peut faire plus qu’élire un député.
Elle peut envoyer un signal.
Le signal que l’engagement réel doit primer sur les promesses.
Le signal que les actes doivent précéder les ambitions.
Le signal que des profils solides doivent être privilégiés.
La Guinée ne manque pas de talents.
Elle manque encore de décisions claires sur les profils qu’elle met en responsabilité.
Alors oui, ce choix est celui de Mamou.
Mais ses conséquences dépassent Mamou.
Le développement d’un pays ne commence pas dans les discours.
Il commence dans le type d’hommes que l’on choisit de faire entrer dans ses institutions.
Et peut-être que le véritable tournant commence précisément là.
Par BAH Alpha Ousmane
Consultant en Trade Finance, Enseignant en Business School à Paris, fils de Mamou

