Le Ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire a procédé, ce mardi 13 octobre 2026, au lancement officiel de la campagne nationale de contrôle, d’identification, d’inventaire et de sécurisation des patrimoines fonciers publics et privés de l’État. Cette grande opération de salubrité publique s’est ouverte dans la commune urbaine de Manéah, en présence des autorités locales, des cadres du ministère et des forces de sécurité.
C’est dans une atmosphère empreinte d’attente que la secrétaire générale de la commune urbaine de Manéah Mariama Condé, s’avance au micro pour dresser un premier état des lieux critique de sa localité :
« Votre présence aujourd’hui à Manéah, dans le cadre du lancement de cette opération cruciale de récupération des domaines publics de l’État, marque un tournant décisif pour notre collectivité. Pour l’exécutif communal et le conseil local, le lancement de cette mission sur notre territoire est un véritable ouf de soulagement. En effet, notre commune fait face depuis trop longtemps à une spoliation systématique et inacceptable de ses réserves foncières. La situation que nous vivons, notamment dans le secteur de Soumah Filya, est alarmante et révoltante. »

Poursuivant son intervention, la secrétaire générale détaille la nature des installations touchées par ces accaparements illégaux :
« Les équipements d’utilité publique prévus dans les plans de lotissement ont été purement et simplement bradés et vendus de manière illégale, qu’il s’agisse des domaines réservés à l’école, aux postes de santé, aux services de sécurité que sont la police et la gendarmerie, et même jusqu’à l’emprise dédiée aux cimetières. Tout a été bradé par des individus malintentionnés, au mépris de l’intérêt général et de l’avenir de nos enfants. »
Avant de conclure son allocution par des mots d’engagement, elle souligne le soulagement apporté par l’arrivée de la mission :
« Face à ce constat amer, les autorités communales se trouvaient souvent démunies. C’est pourquoi cette initiative de l’Inspection Nationale de l’Habitat vient à point nommé. Elle apporte une réponse ferme et rigoureuse à nos préoccupations quotidiennes. Ce lancement officiel est le signal fort que le désordre et l’usurpation du patrimoine public sont terminés. Nous vous rassurons de la disponibilité totale et de l’engagement sans faille des autorités communales de Manéah pour vous accompagner sur le terrain. »

Prenant ensuite la parole à la tribune, l’inspecteur général de l’urbanisme, Mohamed Doussou Traoré, recadre les ambitions politiques et institutionnelles de cette mission d’envergure :
« C’est avec un sens élevé du devoir et de la responsabilité républicaine que nous procédons aujourd’hui au lancement de cette mission de contrôle, d’identification, d’inventaire et de sécurisation des domaines de l’État. Cette initiative s’inscrit dans la vision manifeste de développement de Son Excellence M. le Président de la République, le général Mamadi Doumbouya, mise en œuvre par M. le Premier ministre, chef du gouvernement, sous la conduite de M. le Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire.

L’objectif est clair : protéger le patrimoine foncier de l’État, prévenir les occupations irrégulières, identifier les éventuels empiètements et garantir une gestion transparente et responsable des domaines publics et privés de la nation. »
Poursuivant ses explications sur le terrain, l’inspecteur général détaille la méthodologie adoptée pour mener à bien cette vaste opération :
« À cet effet, nos équipes auront pour mission de recenser les domaines, de vérifier leur situation juridique et administrative, de confronter les documents à la réalité du terrain et de proposer des mesures appropriées pour leur sécurisation et leur valorisation. J’invite tous les cadres et agents mobilisés à faire preuve de rigueur, d’impartialité, d’intégrité et de professionnalisme. Cette mission doit être conduite sur la base des faits véritables, dans le strict respect des lois et règlements en vigueur. »
Enfin, insistant sur la fermeté de l’État face aux contrevenants, il adresse une mise en garde définitive :
« Il ne faut pas que les gens comprennent que ce sont des feux de paille, qu’on va passer et qu’après on ne se retournera plus : ce n’est plus ça ! Nous prendrons tout notre temps. Même s’il faut que l’on dédie plusieurs années à la conservation, à la réservation et à la sécurisation du foncier de l’État, cela se fera. Tous ceux qui sont impliqués dans cette situation seront vraiment mis en demeure, car il y a déjà la CRIEF qui nous suit. Personne ne sera épargné, à commencer par nous-mêmes les cadres de l’habitat et les cadres des services communaux. »
Il convient de souligner que ce lancement national de contrôle et de sécurisation des patrimoines fonciers de l’État a débuté par la région spéciale de Conakry, la commune urbaine de Manéah ayant servi de rampe de lancement pour cette première étape. Après cette phase initiale dans la capitale, la dynamique nationale se poursuivra dès jeudi prochain ou la semaine prochaine, avec la région de Kindia qui s’apprête à accueillir à son tour l’équipe officielle.

