Conakry, 11 novembre 2025 — Le candidat indépendant Cheick Abdoul Camara affirme n’avoir pas pu déposer sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Dans un communiqué transmis à la presse, il dénonce un processus électoral entaché d’irrégularités, qu’il qualifie d’« anti-constitutionnel et partial ».
Une transparence électorale remise en cause
Selon M. Camara, la suppression de l’OTIGE, organe constitutionnel indépendant chargé des élections, au profit de la DGE, structure placée sous la tutelle du ministère de l’Administration du Territoire, viole l’article 174 de la Constitution.« Le Président de la Transition, initiateur de ce décret et lui-même candidat, se retrouve juge et partie », dénonce-t-il.« Cette situation compromet gravement la neutralité du scrutin. »
Parrainage verrouillé et code électoral irrégulier
Le candidat critique un parrainage discriminatoire, estimant que les délégations spéciales nommées par le pouvoir refusent de parrainer tout candidat autre que le Président de la Transition.
Il remet aussi en cause la promulgation du code électoral, intervenue le 27 septembre 2025 sans contrôle préalable de la Cour constitutionnelle, en violation des articles 127, 131 et 142 de la Constitution.« Ce code électoral n’a aucune valeur juridique et ne peut servir de base à une élection crédible », affirme-t-il.
Recours devant la Cour suprême
Assisté du cabinet de Me Mamoudou Sané, Cheick Abdoul Camara a saisi la Cour suprême le 31 octobre 2025.
Deux requêtes ont été déposées : une demande d’annulation des actes administratifs découlant du code électoral contesté ; et un sursis à exécution dans l’attente du jugement sur sa constitutionnalité.
“La justice doit redevenir la boussole”« Comment comprendre que celui qui a promulgué la Constitution le 26 septembre signe, dès le lendemain, une loi organique qui la viole ? » s’interroge le candidat. « Où est passée la promesse : “La justice sera la boussole” ? »
Appel à l’unité et à la mobilisation citoyenne
En conclusion, M. Camara lance un appel solennel à tous les Guinéens, les invitant à se mobiliser pacifiquement pour défendre la Constitution et la souveraineté nationale.« Ce combat n’est pas celui d’un homme, mais celui d’un peuple qui refuse la confiscation de ses droits », souligne-t-il.

