Après plusieurs années d’arrêt et de dysfonctionnements, la centrale de production d’oxygène de l’hôpital national Ignace Deen est enfin de retour. Réhabilitée par le ministère de la Santé via l’IAGCP, elle représente un souffle d’espoir pour les services critiques, notamment la néonatalogie, où l’oxygène est un besoin vital.
La réception technique s’est tenue vendredi, suivie immédiatement d’une série d’essais. Selon les techniciens, les premiers résultats sont encourageants. « Les essais lancés depuis vendredi sont concluants. La centrale répond désormais aux normes, avec une pureté située entre 90 et 96% », explique Sambo Oury Diallo, responsable adjoint des services de maintenance d’Ignace Deen.
Une centrale installée en 2019, mais jamais pleinement fonctionnelle
Offerte en 2019 par la coopération turque (TICA) et officiellement remise en 2020, la centrale n’a pourtant jamais fonctionné de manière opérationnelle.« Après la remise de 2020, il y a eu plusieurs tentatives pour la faire fonctionner, mais des anomalies techniques ont toujours empêché son exploitation », rappelle M. Diallo.
En 2022, une équipe turque est intervenue pour corriger un compresseur d’air médical. Mais un second compresseur — celui dédié à l’oxygène — présentait lui aussi des défaillances.
ALIMA, entre décembre 2022 et avril 2023, a apporté des améliorations importantes : groupes électrogènes, boosters, extensions. Malgré cela, la centrale ne produisait pas une pureté suffisante et restait inutilisable.
Une réhabilitation complète lancée en juillet 2025
Suite aux multiples correspondances adressées par l’hôpital, le ministère de la Santé a pris le dossier en main. Une réhabilitation totale a été engagée en juillet 2025. « Les travaux de cette année ont été déterminants. Aujourd’hui, nous avons une centrale qui produit enfin selon les standards internationaux. C’était une attente depuis plusieurs années », se félicite Sambo Oury Diallo.
La réception technique de vendredi marque donc le début d’une nouvelle phase : les essais de stabilité et de performance.
Capacités opérationnelles de la centrale
Selon les responsables techniques, la centrale peut désormais fournir :
- 210 litres/minute d’oxygène au niveau des générateurs ;
- Un remplissage de 6 à 8 bouteilles de 50 litres par jour, à 150 bars.
« C’est un soulagement pour l’hôpital, car nos besoins en oxygène sont énormes, surtout avec la charge des services critiques », précise M. Diallo.
Des besoins prioritaires pour une autonomie totale
Malgré cette avancée, la centrale nécessite encore des investissements pour garantir sa stabilité.« Nous avons urgemment besoin d’un transformateur de 100 kVA. Les équipements sont très sensibles aux variations de courant. Sans stabilisation électrique, les automates risquent d’être endommagés », alerte le responsable adjoint de la maintenance.
Il recommande également l’installation d’un tableau général de basse tension et d’un stabilisateur pour sécuriser les opérations.
Par ailleurs, interpellé récemment par la presse au sujet de l’absence de scanner au CHU Ignace Deen, le Premier ministre a assuré que l’État travaille à la reconstruction complète de l’hôpital. Il a précisé que la priorité est la modernisation de l’ensemble du site, avant de rappeler que l’hôpital Donka ainsi que plusieurs structures de l’intérieur du pays disposent déjà de scanners.

