La Guinée poursuit sa réflexion autour de l’intelligence artificielle (IA). Pendant deux jours, la Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée a réuni des représentants d’institutions de recherche et différents acteurs de l’écosystème afin d’échanger sur les enjeux liés à l’IA et sur les conditions nécessaires à la mise en place d’une stratégie nationale.
Au cœur des discussions : le Blueprint des Nations unies, un cadre conçu pour accompagner les États dans l’élaboration de stratégies nationales en matière d’intelligence artificielle, en tenant compte de leurs réalités, de leurs besoins et de leurs priorités.
La Guinée s’inspire du Blueprint des Nations unies
Selon le professeur Abdoulaye Baniré Diallo, coordonnateur général de la Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée, cette rencontre s’inscrit dans les différentes initiatives déjà engagées dans le pays en vue de préparer une stratégie nationale sur l’intelligence artificielle.
« Durant ces deux jours, les acteurs se sont réunis pour pouvoir voir le cadre du Blueprint élaboré par les Nations unies pour accompagner les différents pays dans l’élaboration d’une stratégie nationale sécurisée et encadrée avec l’appui d’experts », a-t-il expliqué.
Cette démarche vise notamment à permettre aux acteurs guinéens de mieux comprendre les orientations proposées par les Nations unies et d’identifier les éléments susceptibles d’être adaptés au contexte national.
La recherche au cœur de la stratégie nationale sur l’IA
Pour Rafiq, consultant international de l’ONU, la participation du secteur de la recherche constitue un élément important de cette réflexion. Elle doit contribuer au développement des compétences, à l’émergence de nouvelles idées et à la transformation des avancées technologiques en solutions susceptibles de répondre aux besoins de la société.
L’initiative vise également à rapprocher les institutions de recherche et à encourager le partage d’expériences et la collaboration entre les différents acteurs de l’écosystème de l’intelligence artificielle en Guinée.
À terme, l’objectif est notamment de favoriser le développement d’outils et de solutions reposant sur l’IA et adaptés aux réalités et aux besoins du pays.
« L’enjeu n’est plus au niveau du talent »
La question des compétences occupe également une place importante dans les discussions. Bany Bah, chargé du développement des compétences et des programmes scientifiques à la Cité des Sciences, estime que la Guinée dispose déjà d’un potentiel humain dans le domaine de l’intelligence artificielle.
« L’enjeu n’est plus maintenant au niveau du talent, c’est plutôt de créer le mécanisme qui va nous aider à mettre en œuvre cette stratégie », a-t-il souligné.
Pour lui, l’une des prochaines étapes consiste donc à mettre en place les mécanismes permettant de structurer et de coordonner les différentes initiatives existantes.
Vers une meilleure coordination des initiatives
Les travaux autour du Blueprint devraient se poursuivre. La Cité des Sciences entend notamment rapprocher les différentes initiatives qu’elle mène avec celles du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation.
Cette démarche doit permettre d’identifier les besoins, les insuffisances et les priorités afin de déterminer dans quelle mesure le Blueprint peut servir de guide pour accompagner la mise en œuvre d’une future stratégie nationale sur l’intelligence artificielle.
L’enjeu est également de favoriser une meilleure coordination entre les institutions publiques, les structures de recherche, le secteur privé et la société civile.
Des opportunités pour les secteurs de recherche
Au-delà des questions liées à la stratégie nationale, les deux jours d’échanges ont permis aux participants de mieux cerner les opportunités offertes par l’intelligence artificielle dans leurs différents domaines de recherche.
Pour Mamadou Alpha Barry, participant à la rencontre, ce type d’initiative permet notamment aux représentants de l’État de mieux comprendre les réalités de l’écosystème de l’IA, en prenant en compte les expériences et les besoins des structures publiques, du secteur privé et de la société civile.
La Guinée veut structurer son approche de l’intelligence artificielle
À l’issue de cette rencontre, les participants repartent avec de nouvelles connaissances et plusieurs pistes de réflexion autour de la mise en place d’un cadre national consacré à l’intelligence artificielle.
La poursuite des travaux autour du Blueprint devrait contribuer à structurer les différentes initiatives et à renforcer le dialogue entre les acteurs de la recherche, les institutions publiques et les autres composantes de l’écosystème.
Pour la Guinée, l’objectif est désormais de mieux organiser les compétences et les initiatives existantes afin de faire émerger des solutions d’intelligence artificielle adaptées aux réalités et aux besoins du pays.
Mamoudou Sow
