Conakry, 11 février 2026 – Une délégation de l’Union européenne (UE) a effectué ce mercredi une visite au siège de la Direction générale du Port autonome de Conakry (PAC). Objectif : évaluer le programme d’appui à la gestion de crise mis en œuvre à la suite de l’explosion d’un dépôt d’hydrocarbures voisin, survenue en décembre 2023, et discuter des perspectives de coopération pour 2026.
Cette mission s’inscrit dans le cadre du projet régional ENMAR, destiné au renforcement des capacités portuaires en Afrique de l’Ouest. Elle a permis aux deux parties de faire le point sur les actions menées, les résultats obtenus et les axes d’amélioration envisagés.
« Un appui déterminant après un événement malheureux »
Prenant la parole à l’issue des échanges, le Directeur général du Port autonome de Conakry, Mamadou Biro Diallo, a salué l’accompagnement de l’Union européenne. « En tout premier lieu, il faut remercier l’Union européenne. Après l’explosion du dépôt, leur appui a renforcé nos capacités en matière de gestion de crise. Nous avons réalisé que nous étions très exposés, notamment en termes de formation et de compréhension des mécanismes de gestion de crise », a-t-il déclaré.
Selon lui, la catastrophe a servi de révélateur des insuffisances du dispositif en place. Grâce au soutien technique européen, plusieurs outils structurants ont été élaborés : des manuels de gestion de crise, un plan d’intervention, ainsi qu’une cartographie détaillée des risques au sein de l’enceinte portuaire. « Nous avons développé beaucoup de manuels, mis en place un plan de gestion et réalisé la cartographie des incidents susceptibles de survenir au port. Des mesures ont été définies pour y faire face. Le programme est presque achevé cette année », a précisé le DG.
L’évaluation en cours vise à mesurer l’efficacité des actions entreprises et à déterminer les priorités pour la prochaine phase de coopération.
Pour l’Union européenne, cette mission était l’occasion de constater les avancées réalisées sur le terrain. Anne-Catherine Claude, cheffe de l’équipe régionale des instruments de politique étrangère (FPI) de Délégation de l’Union européenne au Sénégal, a expliqué les objectifs de la visite : « Nous sommes venus rencontrer les autorités du port pour voir ce qui a été mis en place dans le cadre du soutien de l’Union européenne à la gestion de crise au Port de Conakry. Grâce à l’expertise mobilisée, notamment avec Expertise France, des manuels et des procédures ont été élaborés, ainsi qu’une cartographie des risques. »
Elle a souligné l’importance stratégique du Port autonome de Conakry, infrastructure clé pour l’économie guinéenne et les échanges sous-régionaux. « La sécurité et la sûreté des ports constituent un vecteur majeur de développement économique et d’échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest. Il était important pour nous de montrer la présence de l’Union européenne aux côtés des autorités guinéennes sur ces enjeux. »
Vers une nouvelle phase de coopération en 2026 ?
Les discussions ne devraient pas s’arrêter à l’évaluation du programme actuel. Des échanges sont en cours avec le siège de l’Union européenne à Bruxelles pour envisager une éventuelle deuxième phase. « Nous discutons actuellement avec notre siège pour voir dans quelle mesure une suite peut être donnée au programme et quels appuis supplémentaires pourraient être envisagés », a indiqué Anne-Catherine Claude.
De son côté, la Direction générale du Port autonome de Conakry espère être intégrée au programme 2026 afin de poursuivre la formation des cadres et renforcer durablement les capacités internes.
Deux ans après l’explosion du dépôt d’hydrocarbures, le Port autonome de Conakry affiche ainsi sa volonté de tirer les leçons de la crise et de consolider ses mécanismes de prévention et de réponse face aux risques, dans un contexte où la sûreté des infrastructures stratégiques demeure un enjeu majeur pour la Guinée.
Bhoye Bah, refletguinee

