Le tribunal correctionnel de Kaloum rendra sa décision le 8 avril prochain dans l’affaire de détournement présumé de plus de 866 millions de francs guinéens à l’hôpital Ignace-Deen.
L’audience consacrée aux réquisitions et plaidoiries s’est tenue ce mercredi 11 mars 2026, marquant ainsi la dernière étape avant le verdict.
Dans ce dossier, le Professeur Mamadou Dadhi Baldé, directeur général de l’hôpital Ignace-Deen, Oumar Yansané, agent comptable, et Samuel Koundoua, directeur des affaires financières (DAF), sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics.
Les poursuites ont été engagées à la requête de l’agent judiciaire de l’État, après un contrôle effectué par l’Inspection générale de la santé. Les faits remontent à mai 2023 et portent sur un montant évalué à plus de 866 millions de francs guinéens.
Les prévenus plaident non coupables
À la barre, les trois responsables de l’hôpital ont successivement rejeté les accusations, soutenant que les fonds mis en cause ont été utilisés pour l’achat de kits sanitaires.
Le parquet estime les infractions non établies
Dans ses réquisitions, le substitut du procureur de la République, Biwon Millimono, a indiqué que le montant supposément détourné n’est pas clairement établi.
Selon lui, les éléments du dossier ne permettent pas de retenir les infractions reprochées aux prévenus.
« Nous estimons que les infractions pour lesquelles les prévenus sont poursuivis ne sont pas établies. Donc, nous requérons qu’il vous plaise de les renvoyer à des fins de la poursuite », a-t-il déclaré.
Les avocats s’expriment
Du côté de la partie civile, Me Amadou DS Bah, avocat de l’agent judiciaire de l’État, a évoqué des dysfonctionnements dans la gestion administrative de l’hôpital.
Selon des propos rapportés par nos confrères de MediaGuinée, l’avocat a estimé qu’« il y a eu des défaillances qui doivent interpeller la justice et les administrateurs de cet hôpital », demandant au tribunal de tirer toutes les conséquences de droit dans ce dossier.
Pour la défense, conduite par Me Lancinet Sylla, les accusations ne reposeraient sur aucun élément probant. L’avocat a affirmé que ses clients seraient victimes d’une tentative de déstabilisation et a demandé que l’État guinéen soit condamné à leur verser l’équivalent du montant qui leur est reproché.
Verdict le 8 avril
Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal correctionnel de Kaloum a mis l’affaire en délibéré.
Le verdict est attendu le 8 avril prochain, une décision qui devrait fixer définitivement les responsabilités dans ce dossier portant sur la gestion financière de l’hôpital Ignace-Deen.
La rédaction

